Centrale nucléaire de Penly : Fuite sur une pompe primaire
EDF a annoncé vendredi "un retour à la normale" sur le circuit de refroidissement du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime), après un "incident" classé provisoirement de niveau 1 par l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) qui a conduit à l'arrêt du réacteur. Le réacteur a continué à refroidir toute la nuit et devrait être en "arrêt à froid" (permettant une intervention sur le circuit primaire de refroidissement) "peut-être ce soir" ou un peu plus tard dans le week-end, a indiqué vendredi à l'AFP Dominique Minière, directeur du parc nucléaire d'EDF. A l'origine de l'arrêt automatique du réacteur, l'incendie de deux flaques d'huile, précédant une fuite d'eau "sur un joint" de la pompe de refroidissement.
En début de soirée du 5 avril, EDF a constaté une fuite d’eau anormalement élevée sur un des joints de la pompe primaire concernée par la fuite d’huile. Ceci a conduit l’ASN et l’IRSN à mobiliser leurs centres de crise. Le Centre technique de crise de l’IRSN a ainsi été activé peu après 20 heures.
Ce même 5 avril 2012 vers 12 heures, les sapeurs-pompiers de Seine-Maritime étaient intervenus pour éteindre deux départs de feu dans le bâtiment du réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Penly. Ces départs de feu ont été provoqués par une fuite d’huile sur l’une des quatre pompes du circuit primaire, qui assurent la circulation de l’eau de refroidissement du cœur du réacteur. Ces incendies n’ont eu de conséquence ni sur le personnel ni sur l’environnement.
Le réacteur n°2 de la centrale de Penly était initialement en fonctionnement à pleine puissance (circuit primaire à une pression d’environ 150 bars et eau à une température d’environ 300 °C). Une température anormalement élevée au niveau de la pompe primaire concernée a provoqué son arrêt, qui a lui-même entraîné l’arrêt automatique du réacteur. La circulation d’eau permettant d’assurer le refroidissement du cœur du réacteur a été maintenu normalement au moyen des trois autres pompes primaires.
Au niveau de l’axe d’une pompe primaire (cf. schémas ci-dessous), l’étanchéité est assurée par une succession de joints à « fuite contrôlée ». Ces « fuites » d’eau au niveau des joints sont collectées, par conception, au moyen de circuits dédiés.
Le premier de ces joints a présenté une fuite d’eau excessive. L’eau de cette fuite était toutefois collectée normalement au niveau du joint suivant et l’étanchéité de la pompe est restée assurée. Cette fuite est donc restée interne à la pompe et il n’y a pas eu de rejets d’eau du circuit primaire à l’intérieur du bâtiment du réacteur.
La cause de cette fuite excessive du premier joint n’étant pas connue et une dégradation des joints suivants pouvant conduire à une fuite externe à la pompe, EDF a entrepris les opérations de repli du réacteur, conformément aux procédures incidentelles existantes, afin de rejoindre l’état sûr final d’un réacteur à l’arrêt, dit « arrêt à froid » (circuit primaire à une pression d’un bar et eau à une température d’environ 60 °C). Les débits de fuite interne à la pompe ont décru très rapidement au fur et à mesure de la baisse de la pression du circuit primaire, et ont atteint les valeurs nominales durant la nuit.
Des investigations sont maintenant nécessaires pour identifier les causes de l’incident et en tirer tous les enseignements. Au terme de cet examen, les conclusions de l’IRSN seront remises à l’ASN et rendues publiques. (Source IRSN)


Le procès en appel d'AZF se termine à Toulouse sans conclusion définitive

Après quatre mois de débats émaillés de rapports d'experts contradictoires, le procès pénal en appel de l’a catastrophe d’AZF touche à sa fin et il y a gros à craindre qu'aucune vérité officielle définitive n'en sorte finalement. Il est probable qu'aucune peine ne sera prononcée au bénéfice du doute, lors de la reprise du procès, à l'automne.
On ne peut, en effet, démontrer de façon absolue l'origine de l'explosion. La très grandes majorité des parties prenantes et des experts sont tout-à-fait persuadés que l'origine de l'explosion est du à une réaction chimique consécutive à un mélange accidentels de deux produits incompatibles. L'accusation et les experts judiciaires estiment que des négligences ont permis la rencontre de deux produits incompatibles, le DCCNa (chlore pour piscine) et le nitrate d'ammonium stocké dans le hangar 221 qui a explosé.
C'est la thèse que nous défendons depuis 2005 (voir notre dossier très complet). La désorganisation qui régnait dans l'usine était connue et a encore été réexpliquée durant le procès. La perte du certificat ISO 14000 quelques semaines avant l'explosion en est la preuve. D'anciens salariés, d'un autre coté, ne peuvent accepter cette analyse qui, indirectement, les met en cause. La catastrophe, en effet, n'est pas d'origine chimique, elle est d'origine organisationelle, humaine.
La tarification assurances catastrophes naturelles devient modulable
Le gouvernement a voté la modification de la loi portant sur la tarification des assurances catastrophe naturelle le 1er janvier 2012.
Jusqu’à maintenant, cette tarification était la même pour tous, basée sur le principe de solidarité. La modification de ce texte met fin à ce système et permet aux assurances de moduler leur tarification selon l’exposition au risque et les efforts de prévention mis en œuvre. Une tarification qui sera donc plus juste, puisque mieux ciblée. De plus, cette nouvelle mesure devrait inciter les collectivités locales et les particuliers à faire plus attention pour le choix de la zone de construction.
Les entreprises et les collectivités territoriales : principales cibles de cette réforme
Il est évident que les mesures de prévention sont des mesures lourdes à mettre en lourde, tant financièrement qu’administrativement. De sorte que seules les entreprises d’une certaine taille et les collectivités territoriales seront à même de réaliser les travaux nécessaires. Vous l’aurez compris, les particuliers ne verront pas leur prime moduler. Les récentes catastrophes sur les côtes françaises sont à l’origine de cette mesure. Il faut dire que l’année 2011 est une année record en termes de catastrophe naturelle, la tempête Joachim ayant fait à elle seule entre 80.000 et 120.000 sinistrés pour une estimation des coûts comprise entre 180 millions et 250 millions d’euros.
Un code de la sécurité intérieur entrera en effet le 1er mai 2012
C'est uniquement la partie législative de ce nouveau Code de la sécurité intérieure, qui entrera en vigueur le 1er mai 2012, la partie réglemantaire devrait suivre. Rien ne change dans la loi. Il s’agit uniquement d’organiser les textes existant en matière de sécurité intérieure un un document unique et organisé, et de clarifier au passage les relations avec les autres codes comme le code pénal ou le CGCT..
En projet depuis la première loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure de 2002, ce code traite en 7 livres de l'ensemble des textes qui intéressent la sécurité publique et la sécurité civile, afin de recouvrir à la fois la protection contre les atteintes délibérées aux personnes, aux biens et aux institutions (sécurité publique) et la protection contre les accidents ou les catastrophes naturelles (sécurité civile).
Le code de la sécurité intérieure est composé de sept livres thématiques comprenant chacun une partie législative, mise en œuvre par ordonnance, et une partie réglementaire, celle-ci devant faire plus tard l'objet de mesures spécifiques.
Outre le livre Ier consacré aux principes généraux et à l'organisation de la sécurité intérieure, les livres II et III traitent des pouvoirs des autorités compétentes en matière de sécurité publique, les livres IV et V des personnels de la sécurité publique, le livre VI des activités privées de sécurité et le livre VII de la sécurité civile.



