Edito : Crédibilité
Par René Di Carlorenepetit

Les centres départementaux de vaccination contre la grippe A (H1N1) viennent de fermer leurs portes. Les Maires des communes concernées vont reprendre ainsi pleine possession de leurs locaux. Près de six millions de nos concitoyens se seront fait vacciner, soit moins de 10% de la population française. 94 millions de vaccin avaient été commandés. Coût total de la campagne, près de 2 milliards d'euros. Et, à ce jour, on déplore 275 victimes liées directement à la grippe A, alors que selon toute vraisemblance la grippe saisonnière « fera » plus de 3000 victimes. Alors certains esprits chagrins diront tout ça pour ça !

Au-delà de toute polémique stérile de ceux qui jouent les Cassandre ou des voyants capables de prédire le passé, le fait est que nous avons eu la grande chance que ce virus annoncé comme dévastateur s'avère somme toute, relativement anodin. Tout ce qui pouvait être mis en œuvre au moment de la connaissance des faits l'a été, avec courage et responsabilité. Il n'en demeure pas moins que cet épisode qui a occupé près de neuf mois notre vie, mérite que l'on fasse un retour d'expérience. On trouvera certainement des pistes d'amélioration :

- en termes de stratégie : comment dissiper les inquiétudes et concilier le sacro saint principe de précaution très souvent mal compris et mal appliqué avec la hantise de tout un chacun à accepter le moindre risque

- en termes d'organisation et de logistique : comment assurer une vaccination de masse, le seul recours à un mode de vaccination individuel sur convocation dans un centre départemental est-il suffisant voire pertinent,

- en termes de communication : comment mieux communiquer avec nos concitoyens, l'occupation médiatique quasi permanente sur tous supports ne risque-t-elle pas de produire l'effet inverse à celui recherché

Mais il faudra quand même réfléchir et s'organiser afin que la puissance publique, en charge de la santé publique de tous les Français, au-delà de toute connotation politique, retrouve sa crédibilité et la confiance de la population. Il est stupéfiant de constater qu'au cours de cet épisode fort heureusement sans conséquence  gravissime, la parole du sachant avait autant d'importance et parfois moins que la parole de publics mis en exergue par des animateurs de tout poil, la parole du scientifique n'était plus audible et que les messages du Ministre en charge de notre Santé n'ont pas été entendus et compris par la plus grande partie de la population.

L'épisode grippe A (H1N1) semble être sur le déclin. On ne peut que remercier les centaines de personnes qui se sont mobilisé pour se mettre à la disposition de nos concitoyens. D'autres épisodes d'autres maladies peuvent nous affecter avec des conséquences beaucoup plus graves. Saura-t-on d'ici là, redonner à celles et à ceux qui ont en charge notre santé, une indispensable crédibilité ?